La Flandre, les Pays-Bas et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie soutiennent la navigation intérieure à distance dans une déclaration commune
Trois gouvernements inscrivent la navigation intérieure à distance et automatisée dans leur programme commun pour le corridor Anvers-Rotterdam-Rhin-Ruhr, en mettant l'accent sur des règles transfrontalières et un déploiement plus large.

Le 5 octobre, les gouvernements de la Flandre, des Pays-Bas et de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont signé une déclaration commune lors du Port Summit à Meise. Ils s'y engagent à approfondir leur coopération au sein du cluster portuaire et industriel Anvers-Rotterdam-Rhin-Ruhr (ARRRA). Pour la première fois, la navigation intérieure à distance et automatisée occupe une place spécifique dans cet accord.
Les grands ports du cluster ARRRA, dont le Port of Antwerp-Bruges, le Port of Rotterdam, North Sea Port, Duisport, le Port of Cologne/HGK, le Port of Moerdijk et le Port of Oostende, ont participé au sommet.
Un cluster qui mérite d'être défendu
Le cluster Anvers-Rotterdam-Rhin-Ruhr constitue l'une des plus fortes concentrations de ports et d'industries en Europe. Il génère environ 65 milliards d'euros de valeur ajoutée et soutient près de 600 000 emplois. Les prix élevés de l'énergie, la concurrence internationale, la lenteur des procédures d'autorisation et la fragmentation réglementaire érodent cette position. Les trois gouvernements ont donc fixé quatre priorités communes : renforcer les chaînes de valeur circulaires, accélérer les infrastructures énergétiques transfrontalières pour le CO2 et l'hydrogène, rendre la navigation intérieure plus résiliente face au changement climatique et développer une logistique plus innovante grâce au fret automatisé sur route et sur l'eau, ainsi qu'aux drones.
Le ministre de Rhénanie-du-Nord-Westphalie Marcus Optendrenk a directement lié cette ambition à l'automatisation, soulignant qu'elle « ne deviendra un avantage concurrentiel que si nous définissons les règles ensemble ».
La déclaration affirme que la navigation intérieure automatisée et téléopérée peut rendre le secteur plus sûr, plus durable et plus compétitif. Elle cite les projets pilotes menés depuis 2019, notamment sur le Rhin international depuis 2023, comme preuve qu'une exploitation quotidienne sûre et fiable est possible. Les trois gouvernements s'engagent à œuvrer à une utilisation plus large sur les voies navigables internationales.
Sur le plan réglementaire, la déclaration soutient la poursuite des travaux sur un cadre harmonisé au sein de la Commission centrale pour la navigation du Rhin (CCNR), afin que les règles rhénanes puissent servir de modèle à d'autres voies navigables internationales. Les trois gouvernements souhaitent également explorer des projets de recherche communs dans le cadre de programmes de financement européens.
L'ambition dépasse le seul corridor rhénan. La déclaration prévoit d'étendre ces avancées techniques à d'autres tâches opérationnelles, à bord comme à terre, ainsi qu'à une gestion du trafic couvrant à la fois les bateaux avec équipage conventionnel et ceux téléopérés. Elle entend aussi aider le secteur à identifier de nouveaux modèles économiques. À titre de référence, elle mentionne un passeport Benelux pour les véhicules routiers automatisés transfrontaliers, attendu début 2027, un précédent que les trois gouvernements jugent également pertinent pour la navigation intérieure.
Voir au-delà de l'eau
La navigation à distance s'inscrit dans un ensemble plus large d'engagements. Dans son introduction, la déclaration invite la Commission européenne à soutenir l'innovation transfrontalière et à permettre la création d'environnements d'essai et de projets pilotes dans toute la région ARRRA. Les trois gouvernements promettent en parallèle d'éviter la surtransposition et d'interpréter la réglementation conjointement plutôt que séparément. Pour la décarbonation, ils s'engagent à soutenir les propositions portuaires sollicitant des financements au titre du CEF3, du Fonds européen pour la compétitivité et d'Horizon Europe.
La déclaration ne s'arrête pas à une signature. Les trois gouvernements ont convenu de suivre ces engagements au moyen des structures de concertation existantes et lors de futures réunions gouvernementales, afin de maintenir cette dynamique.
Pourquoi cela compte pour Seafar

Seafar exploite des bateaux de navigation intérieure à distance depuis 2019, notamment sur le Rhin international depuis 2023. Concrètement, des Remote Operators installés dans les Remote Operation Centers (ROC) de Seafar reprennent certaines tâches de navigation du conducteur à bord. Cette organisation en équipes repose sur la certification, la supervision et des procédures de repli, plutôt que sur l'élimination de l'humain. La déclaration ne cite aucun opérateur en particulier, mais le soutien à la navigation téléopérée signé par trois gouvernements couvrant ensemble le corridor Anvers-Rotterdam-Rhin-Ruhr correspond directement à cette approche.
Un soutien politique à ce niveau marque un tournant. La navigation intérieure à distance passe d'une série de projets pilotes à un domaine pour lequel les gouvernements nationaux construisent activement un soutien réglementaire et financier en vue d'un usage transfrontalier. La CCNR est désignée comme l'instance où ce cadre prendra forme, tandis que le Rhin est présenté comme modèle pour d'autres voies navigables internationales. Pour Seafar, il s'agit d'une reconnaissance bienvenue d'une approche que nous perfectionnons depuis le premier jour. Nous continuerons avec plaisir à travailler avec les partenaires de l'ensemble du secteur, y compris au sein de la CCNR, à mesure que ce cadre se développera.