La voie navigable se numérise des deux côtés
Flows relate la numérisation du réseau de voies navigables intérieures en Flandre et désigne Seafar comme un pionnier du smart shipping. Réseau et bateau deviennent désormais numériques ensemble.

Un article récemment publié dans le magazine spécialisé Flows a décrit comment la numérisation transforme la navigation intérieure en Flandre. Il décrit des écluses et des ponts télécommandés, un guichet de navigation intérieure numérisé et des bateaux exploités depuis la terre. De Vlaamse Waterweg fait progresser la numérisation du réseau de voies navigables lui-même, et l’article désigne Seafar comme un pionnier de la technologie de smart shipping.
Être mentionné aux côtés du gestionnaire du réseau mérite un moment d’attention, car cela renvoie à quelque chose de plus grand que chaque acteur pris isolément. La voie navigable devient désormais numérique dans deux directions à la fois : le réseau et le bateau.
Deux moitiés d’un même basculement

Pendant l’essentiel de son histoire, la navigation intérieure a traité la voie navigable et le bateau comme deux mondes séparés. L’infrastructure, écluses, ponts et gestion du trafic, était gérée par l’autorité compétente. Le bateau était exploité par le capitaine à bord. Les deux se coordonnaient par radio et par routine, mais chacun restait, pris isolément, largement analogique.
Cette séparation se referme. Tandis que De Vlaamse Waterweg place l’infrastructure du réseau sous gestion numérique et à distance, l’environnement dans lequel navigue un bateau devient quelque chose qui peut être lu, coordonné et géré sous forme de données. Et tandis que les bateaux eux-mêmes deviennent capables d’être exploités depuis la terre, le bateau devient partie intégrante de la même image en réseau plutôt qu’une entité isolée qui la traverse.
Le Rhin transporte environ 285 millions de tonnes de fret par an, ce qui en fait la voie navigable intérieure la plus fréquentée d’Europe. À Duisbourg, un convoi poussé passe environ toutes les sept minutes, jour et nuit. Sur le corridor entre Rotterdam et la frontière germano-suisse, la navigation intérieure représente environ 40 % du trafic en tonnes-kilomètres, devant la route avec 38 % et le rail avec 22 %.


Un réseau numérique et un bateau exploitable numériquement sont les deux moitiés d’un même basculement. Chacun gagne en valeur lorsque l’autre existe. Une écluse télécommandée gagne en valeur lorsque les bateaux qui s’en approchent peuvent être coordonnés comme des systèmes en réseau. Un bateau exploité depuis un centre d’exploitation à distance profite d’un réseau dont l’infrastructure peut être lue et gérée en temps réel.
La place de Seafar
Le rôle de Seafar dans ce tableau est le côté bateau de l’équation. Grâce à sa plateforme d’exploitation à distance, des bateaux de navigation intérieure sont connectés à des centres d’exploitation à distance basés à terre, où des opérateurs distants formés soutiennent la navigation en temps réel. Des bateaux télécommandés naviguent déjà en service commercial, dont le premier bateau télécommandé en Belgique et le premier sur le Rhin.
Ce qui fait fonctionner l’exploitation à distance n’est pas la technologie seule. C’est la combinaison des systèmes embarqués, d’une connectivité sécurisée, d’opérateurs certifiés et d’une autorisation réglementaire d’exploiter un bateau depuis la terre. Cette couche opérationnelle et réglementaire transforme un bateau connecté en un bateau capable de naviguer légalement et en toute sécurité avec un équipage embarqué réduit. C’est aussi ce qui rend le côté bateau compatible avec un réseau en cours de numérisation : tous deux sont conçus pour être coordonnés, surveillés et gérés comme des systèmes en réseau plutôt qu’isolément.
Pourquoi cela compte pour les propriétaires de flotte
Pour un propriétaire de flotte, la portée est concrète. La navigation intérieure fait face à une pénurie structurelle de capitaines qualifiés, et le modèle d’exploitation traditionnel atteint ses limites. Une voie navigable coordonnée numériquement, parcourue par des bateaux pouvant être exploités depuis la terre, est l’environnement dans lequel les flottes peuvent continuer à naviguer malgré cette pénurie. La numérisation décrite par Flows n’est pas une vision lointaine. C’est le contexte opérationnel qui prend forme dès maintenant, sur les corridors que ces flottes utilisent déjà.
Une couverture médiatique comme celle-ci est un repère utile pour comprendre où va le secteur. Lorsque le gestionnaire du réseau et un fournisseur de smart shipping apparaissent dans la même histoire, cela signale que le basculement numérique de la navigation intérieure se produit simultanément des deux côtés de la ligne de flottaison. Le travail de Seafar en constitue une moitié. Le fait que le réseau et le bateau évoluent dans la même direction est ce qui garantit l’avenir de la navigation intérieure.